Sortie Salle

VOYAGE SANS RETOUR au cinéma le 11 septembre Interview Francois Gerard

Interview de François Gérard réalisé le 10 août 2013 au Shangri-la à Paris

Pour l’étalonnage du film, nous avons créé nous même notre propre chaine numérique pour l’étalonnage des images 2K et 4K DPX 10 bits LOG issu d’un Arriscan car le

film a été tourné en pellicule 35mm.

Pour maîtriser la qualité des images François Gérard a souhaité étalonner dans le confort tout en maîtrisant les coûts de post production.

HighFun a mis à sa disposition une salle. Dans cette salle François a installé une station de travail.

Assimilate a mis à dispo son logiciel Scratch qui nous a servi aussi pour la confo.

Panavision Alga nous amis à disposition un moniteur Sony Dcinéma dont François a réglé les settings et étalonné les couleurs RGB avec une sonde couplé à un ordinateur et un logiciel d’analyse.

Nous nous sommes calé sur l’environnement colorimétrique de notre prestataire final Digimage et avons donc opté pour du Rec 709.

Cécile Cheurlot et Pascal Nowak ont œuvré tour à tour sur l’étalonnage avec à l’esprit le retour sur 35mm avec l’imageur Arrilaser.

Après cette étape, il a fallut nettoyer l’image de toutes les saletés scannées qu’on retrouve obligatoirement sur l’image électronique. En général on nettoie son négatif 35mm avant, et on le scanne soit à sec, soit dans une solution volatile qui permet « d’aplanir » l’image. Les micro rayures disparaissent. Un procédé automatique basé sur la couche infrarouge du scan permet également d’enlever encore des poussières mais il en reste toujours.

Les procédés automatiques sont à proscrire, car ils génèrent des artéfacts indésirables. Passées toutes ces étapes, le résultat ne correspondait pas aux critères de qualité de François Gérard qui a toujours souhaité offrir le meilleur à ses spectateurs. Il a donc décidé de recourir à un soft qu’il surveillait depuis des années. Connu aujourd’hui sous le nom de Dark energy©, il est commercialisé en exclusivité pour le cinéma par Arri sous le nom Relativity© et sert en autre a retirer le bruit électronique généré par la mécanique et l’électronique de l’imageur Arriscan lors du passage de la dimension physique de l’image à sa dimension électronique. L’image du négatif est éclairée par une lumière led qu’on peut filtrer, et dont on peut gérer l’intensité en fonction du résultat recherché. ( en général par paresse on ne fait aucun tests ni settings particuliers…) et vient impressionner un Cmos monté sur Piezzo, qui va bouger autour de l’image. A ce stade on peut faire un scan en HDR (High Dynamic range) c’est à dire en deux passes ou en normal une passe. Le HDR permet de scanner avec un réglage pour les lumières hautes de l’image et un autre réglage pour les lumières basses. Ensuite le soft Arri recompose l’image. On a donc les parties surexposées dans un cas et sous-exposées dans l’autre qui sont écartées permettant d’avoir une dynamique de l’image très large. On parle ici de latitude de pose, ou d’exposition ; c’est ce qui permet de mesurer l’écart de restitution entre la lumière la plus haute et la lumière la plus basse. On parle alors de Diaph. Le soft Relativity® vient nettoyer l’image de ce bruit et éventuellement du grain. On peut ensuite appliquer à l’image la texture que l’on souhaite. On peut choisir un rendu d’émulsion comme pour une pellicule 35mm on vient alors filtrer l’image avec plugin supplémentaire.

Puis vient un ultime nettoyage final. François a ensuite nettoyé une par une les 30000 images du film à quatre reprises pendant plusieurs mois avec le logiciel Diamant de chez HS-ART-DIGITAL.

Aujourd’hui tout ce travail est nécessaire même pour vos films tournés en numérique, à l’exception bien sûr de la partie scanner. Avant de choisir le support de captation de l’image, posez-vous la question de sa destination finale. C’est en fonction de la destination finale, que vous aussi aurez à préparer votre environnement de travail. On pourrait aller encore plus loin dans la technique, mais déjà à ce stade vous êtes bien informés.

Interview retranscrite du réalisateur François Gérard.

François est un autodidacte il est bachelier et tout ce qu’il sait du cinéma il se l’est enseigné lui-même ; il n’a jamais eu la chance d’être assistant ou de pouvoir intégrer une école, faute de réseau et de moyen financiers.